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Commentaires sur le rapport de la Cour des comptes belge au sujet du sans-abrisme

La Campagne 400Toits a pris connaissance de ce rapport et partage les constats de la Cour. Il y a indéniablement un manque de concertation entre les différents intervenants au niveau politique, ce qui mène à un manque de stratégie commune pour mettre fin au sans-abrisme.

L’insuffisance d’informations sur les enjeux du sans-abrisme à Bruxelles, et surtout sur les profils et les besoins de la population sans-abri – indiqué par la Cour comme une des raisons à la base de ce manque de stratégie – est aussi ressentie par les organisations de terrain. C’est notamment dans cette optique que la Campagne 400Toits a organisé les actions ‘Face-à-Face pour un logement’ en 2017 et 2018. L’objectif de ces actions est justement, via une enquête scientifiquement élaborée et standardisée, de récolter des informations auprès les personnes vivant en rue. Ces informations permettent de constater leur degré de vulnérabilité et ainsi de les prioriser en fonction des logements et de l’accompagnement disponibles.

Pour la Campagne 400Toits, il n’y a qu’un seul objectif possible sur le long terme : la fin du sans-abrisme. Tout stratégie doit mener à cela. C’est ainsi que la Campagne 400Toits a formuler sa stratégie, qui consiste en trois éléments :

–          CONVAINCRE – Convaincre et mobiliser le grand public et les pouvoirs publics de la possibilité, de la nécessité et de l’urgence de mettre fin au sans-abrisme;

–          FÉDÉRER – Fédérer toutes les forces vives et se coordonner pour mettre fin au sans-abrisme en mobilisant toutes les compétences issues des savoirs académiques, professionnels et expérientiels;

–          AGIR – Renforcer les mécanismes de prévention pour éviter que des personnes arrivent en rue, créer et capter du logement et y reloger durablement les personnes qui vivent en rue grâce à un accompagnement adapté.

Pour y arriver, il est nécessaire que notre société, par la politique, fasse ce changement de paradigme de la ‘gestion du problème’ vers la ‘résolution du problème’. Aussi longtemps que l’on accepte qu’il est suffisant de donner un abri d’urgence, jour après jour, aux personnes vivant en rue, en augmentant d’année en année le nombre de places d’accueil et d’hébergement de réinsertion, sans aller à la recherche de vraies solutions durables de logement,  la rue continuera de rendre malades et de tuer ces femmes et ces hommes qui sont condamnés à y vivre trop longtemps.

Nous saluons la volonté affichée par le gouvernement bruxellois, par la voix du ministre Alain Maron, d’avancer dans la direction de solutions structurelles, à savoir la prévention, le relogement et l’accompagnement en logement. Nous nous réjouissons aussi des priorités récemment formulées par la Secrétaire d’État au logement, Mme Nawal Ben Hamou, à savoir : finaliser au plus vite la construction des logements sociaux prévus ; remettre rapidement en état locatif les logements sociaux existants et, faire appliquer l’objectif des 15 % de logements à finalité sociale dans l’ensemble des communes bruxelloises.

Nous rappelons la nécessité – c’est une des conclusions du rapport de la Cour des comptes –  d’impliquer et de coordonner le travail de tous les acteurs, y compris le fédéral, pour la réalisation de la fin du sans-abrisme à Bruxelles.

Nous appelons de nos vœux des actes concrets, dans les mois à venir, qui traduiront ces objectifs dans la réalité.