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Interpellez votre Bourgmestre sur le relogement pour les personnes sans-abri

La crise sanitaire liée à l’épidémie du COVID-19 a mis en évidence l’échec de nos programmes sociaux à mettre fin au sans-abrisme. Toutefois, cette crise nous a permis de voir que dans l’urgence, des solutions étaient trouvées, comme la réquisition de logements vides/chambres d’hôtels pour les personnes sans-abri. Ce sont là de petits signes, mais porteurs d’espoir, de ce qui est possible.

Avec le déconfinement se pose aujourd’hui la question de l’avenir de ces immeubles réquisitionnés sur plusieurs communes bruxelloises mais surtout, des personnes qui y sont hébergées. Il nous parait inconcevable, et certainement inhumain, de considérer un retour en arrière, en renvoyant cette population à la rue le 30 juin, date de fin prévue des réquisitions.

Vous désirez nous aider pour que des solutions de relogement soient trouvées ? 

Si vous êtes résident d’une des communes où un immeuble a été réquisitionné (à savoir Anderlecht, Bruxelles, Etterbeek, Forest, Molenbeek, Saint-Gilles, Saint-Josse, Schaerbeek), nous vous proposons d’envoyer la lettre ci-dessous (FR/NL) à votre Bourgmestre. Il suffit de combler les trous, d’y apporter votre touche personnelle (si vous le désirez) et de l’envoyer à l’adresse email qui vous concerne : 

·  Anderlecht : Bourgmestre Fabrice Cumps

·  Bruxelles : Bourgmestre Philipe Close

·  Etterbeek : Bourgmestre Vincent De Wolf

·  Forest : Bourgmestre Stephane Roberti

·  Molenbeek : Bourgmestre Catherine Moureaux

·  Saint-Gilles : Bourgmestre Charles Picqué

·  Saint-Josse : Bourgmestre Emir Kir

·  Schaerbeek : Bourgmestre Cécile Jodogne

Vous pouvez diffuser cet email à votre entourage : plus on est, mieux c’est ! Et pensez à relancer votre Bourgmestre si vous restez sans nouvelle et à nous transférer les réponses reçues.

Commentaires sur le rapport de la Cour des comptes belge au sujet du sans-abrisme

La Campagne 400Toits a pris connaissance de ce rapport et partage les constats de la Cour. Il y a indéniablement un manque de concertation entre les différents intervenants au niveau politique, ce qui mène à un manque de stratégie commune pour mettre fin au sans-abrisme.

L’insuffisance d’informations sur les enjeux du sans-abrisme à Bruxelles, et surtout sur les profils et les besoins de la population sans-abri – indiqué par la Cour comme une des raisons à la base de ce manque de stratégie – est aussi ressentie par les organisations de terrain. C’est notamment dans cette optique que la Campagne 400Toits a organisé les actions ‘Face-à-Face pour un logement’ en 2017 et 2018. L’objectif de ces actions est justement, via une enquête scientifiquement élaborée et standardisée, de récolter des informations auprès les personnes vivant en rue. Ces informations permettent de constater leur degré de vulnérabilité et ainsi de les prioriser en fonction des logements et de l’accompagnement disponibles.

Pour la Campagne 400Toits, il n’y a qu’un seul objectif possible sur le long terme : la fin du sans-abrisme. Tout stratégie doit mener à cela. C’est ainsi que la Campagne 400Toits a formuler sa stratégie, qui consiste en trois éléments :

–          CONVAINCRE – Convaincre et mobiliser le grand public et les pouvoirs publics de la possibilité, de la nécessité et de l’urgence de mettre fin au sans-abrisme;

–          FÉDÉRER – Fédérer toutes les forces vives et se coordonner pour mettre fin au sans-abrisme en mobilisant toutes les compétences issues des savoirs académiques, professionnels et expérientiels;

–          AGIR – Renforcer les mécanismes de prévention pour éviter que des personnes arrivent en rue, créer et capter du logement et y reloger durablement les personnes qui vivent en rue grâce à un accompagnement adapté.

Pour y arriver, il est nécessaire que notre société, par la politique, fasse ce changement de paradigme de la ‘gestion du problème’ vers la ‘résolution du problème’. Aussi longtemps que l’on accepte qu’il est suffisant de donner un abri d’urgence, jour après jour, aux personnes vivant en rue, en augmentant d’année en année le nombre de places d’accueil et d’hébergement de réinsertion, sans aller à la recherche de vraies solutions durables de logement,  la rue continuera de rendre malades et de tuer ces femmes et ces hommes qui sont condamnés à y vivre trop longtemps.

Nous saluons la volonté affichée par le gouvernement bruxellois, par la voix du ministre Alain Maron, d’avancer dans la direction de solutions structurelles, à savoir la prévention, le relogement et l’accompagnement en logement. Nous nous réjouissons aussi des priorités récemment formulées par la Secrétaire d’État au logement, Mme Nawal Ben Hamou, à savoir : finaliser au plus vite la construction des logements sociaux prévus ; remettre rapidement en état locatif les logements sociaux existants et, faire appliquer l’objectif des 15 % de logements à finalité sociale dans l’ensemble des communes bruxelloises.

Nous rappelons la nécessité – c’est une des conclusions du rapport de la Cour des comptes –  d’impliquer et de coordonner le travail de tous les acteurs, y compris le fédéral, pour la réalisation de la fin du sans-abrisme à Bruxelles.

Nous appelons de nos vœux des actes concrets, dans les mois à venir, qui traduiront ces objectifs dans la réalité.

Appel Global à la solidarité et à l’action pour protéger les personnes sans logement du Covid-19

Depuis le 16 avril 2020, plus de 80 organisations à travers le monde demandent la protection, le dépistage et le relogement des populations précaires sans logement, telles que les personnes sans-abri et les migrants. #Covid-19 #ProtectTheUnhoused.

Voici le texte de l’Appel Global :

Les associations appellent, ensemble, à ce que les groupes tels que les personnes sans-abri, les migrants hébergés ou non et d’autres groupes qui doivent survivre dans des conditions précaires soient des groupes prioritaires de dépistage au Covid-19, au vu de leur grande vulnérabilité. Ces hommes et ces femmes courent un réel risque d’être contaminés par le virus et leur milieu de vie précaire est un facteur de risque aggravant. Le manque d’attention pour cette population spécifique ne peut qu’aggraver la situation épidémiologique. Des mesures urgentes et prioritaires doivent être prises afin d’endiguer la propagation du Covid-19 :

  1. La protection du public sans-abri

Pour assurer la protection du public sans-abri et des publics précarisés de manière générale, il est crucial : 

  • De promouvoir l’accès à des hébergements sûrs, respectant les normes d’hygiène en règle, permettant l’isolement des groupes vulnérables, pour contrôler la transmission potentielle de la maladie (impossible aujourd’hui dans des logements collectifs) ;
  • De garantir les besoins primaires, notamment l’accès à l’alimentation et à l’hygiène ;
  • De fournir le matériel nécessaire de réduction des risques (masques, blouses, etc.), destiné tant aux personnes hébergées qu’aux employés ;
  • De fournir un accès aux conseils et aux aides au vu de la fermeture des services et centres d’accueil ;
  • De protéger les personnes sans-abri des mesures punitives de la police face à l’absence d’alternatives sûres à l’espace public.
  1. La politique de dépistage proactive et systématique

Pour une raison de santé publique évidente, il est urgent :

  • De réaliser des tests de dépistage au Covid-19 dans les services d’aide et hébergements destinés aux personnes sans-abri et aux migrants, en vue de séparer les usagers positifs des autres pour agir sur la propagation du virus ;
  • De tester les aidants et soignants travaillant au quotidien avec ces publics vulnérables.

  1. Le maintien en logement 

Face à l’impact économique de la crise, il est nécessaire : 

  • De maintenir le logement des personnes vulnérables ;
  • De mettre en place des solutions structurelles d’accès au logement, celui étant devenu, plus que jamais, un impératif de santé publique.

Liste des signataires sur : https://covid19-protecting-screening-rehousing.com/